Comprendre le syndrôme de glissement des séniors et y remédier

Avez-vous déjà entendu parler du syndrome de glissement ? C’est un terme qui fait beaucoup de bruit depuis l’annonce du confinement des seniors en EHPAD. Et pourtant, ce n’est pas si récent que cela ! Découvert en 1956 par le gériatre Jean François Carrié, le syndrome de glissement touche jusqu’à 4% des seniors hospitalisés. Alors, quelles sont les causes qui le déclenchent ? Comment se caractérise-t-il chez la personne âgée ? Mais surtout, quelles sont les solutions pour remédier au syndrome de glissement ?

Comprendre la personne en situation de glissement

Pour cela, je vous propose le témoignage de Jacques.

Instituteur retraité, Jacques est né en 1938 dans les Cévennes. À 21 ans, il épouse Hélène et de leur union sont nées Marc puis Marie. Jacques est un homme sportif, cultivé, passionné par l’histoire et la nature… Passion qu’il transmet à ses élèves durant plus de 40 ans de carrière.

Lors de son passage de la vie active à la retraite, il peine à s’accoutumer à sa nouvelle vie sociale. Il rencontre moins de monde, doit construire de nouvelles routines, de nouveaux repères avec Hélène à ses côtés. Suite à ses infarctus, Jacques voit sa santé fragilisée, chose qu’il a du mal à assumer. Alors, il se voit renoncer à son plaisir de faire du vélo dans les collines, seul dans la nature. Au décès d’Hélène, ses enfants lui imposent de quitter la maison familiale pour se rapprocher d’eux dans une région voisine qu’il ne connait pas.

Autrefois autonome et vigoureux, Jacques ne trouve plus sa place dans la société. Il se sent devenir un poids pour ses enfants si occupés par leurs vies respectives. Il se sent seul dans un logement où il n’a aucun souvenir, comme s’il avait tout perdu. Donc, ses enfants décident de le placer en EHPAD, pour rompre sa solitude. Mais au lieu d’y voir l’opportunité de nouvelles rencontres, un sentiment d’abandon s’installe en Jacques. Il perd alors toute envie de l’effort.

"Pourquoi je me lèverai pour ne rien faire ? Les journées sont longues, je n’ai pas de quoi les remplir. Et puis quand on perd son autonomie, on perd sa liberté. C’est ce que je pense."

- Jacques

Et si vous étiez dans le même cas que Jacques, comment vous sentiriez-vous ?

Quels sont les signes du syndrome de glissement ?

Selon Jean Carrié, le syndrome de glissement est "un processus d’involution et de sénescence porté à son état le plus complet“. En d’autres termes, c’est un phénomène qui marque un changement d’état chez la personne âgée des suites d’un bouleversement physique ou psychologique, qui peut engendrer de graves conséquences. Ainsi, on peut reconnaitre un syndrome de glissement par une perte d’autonomie soudaine et/ou d’un changement brutal du comportement. Voici quelques signes cliniques qui peuvent vous alerter, qui sont le refus de :

Ainsi, on peut constater que les signes principaux concernent des gestes primaires vitaux pour la personne ne souhaitant plus les exercer. C’est ici que l’on peut remarquer le rôle prépondérant du mental sur le corps humain. En effet, le mental est un moteur pour l’état physique. S’il y a un manque de motivation quelconque, le déclin physique peut apparaitre et devenir irréversible. Dans 80% des cas non pris en charge, la personne atteinte du syndrome de glissement décède.

Comment remédier ou éviter le syndrome de glissement ?

Quoi de mieux pour appréhender ce syndrome que de faire preuve d’empathie ? Quand vous serez une personne âgée, que souhaiterez-vous ? Qu’est ce qui vous fera plaisir ? N’oublions pas que nos aînés ont eu une vie avant d’être assisté dans un EHPAD ! Alors la question que vous pouvez vous poser est : quelles sont les solutions pour remettre mon résident à une place de personne sociale à part entière ?

Voici quelques idées qui, à moi, me ferait plaisir et que vous pourrez mettre en place pour vos résidents :

1) Maintenir le lien social avec leur famille

Que ce soit avec des tablettes ou grâce au robot Cutii, le lien social est une des actions les plus simple à mettre en place. En effet, avec le confinement des seniors dû au COVID19, certains EHPAD ont favorisé ces installations pour le bien-être de leurs résidents mais aussi des familles. Un petit coucou, quelques nouvelles… Ça fait toujours du bien au moral.

Cutii maintient le lien social

2) Adopter un animal à la résidence

L’EHPAD Korian à Roubaix a accueilli un chat dans sa résidence. Et c’est tant mieux puisque l’adoption animalière permet de développer les responsabilités du senior. Ainsi, l’animal de compagnie devient une raison pour le senior de prendre soin de lui car il aura la responsabilité du bien être de l’animal. À ce sujet, Passeport Santé partage d’ailleurs 10 bienfaits que peuvent apporter les animaux de compagnie.

3) Lui faire animer une activité au sein de la résidence

Cette fois, c’est dans l’EHPAD Korian à Lille que nous vous emmenons. Les seniors ont une place importante au sein de leur résidence puisqu’ils animent des activités comme la Gazette ! Ils partagent ensemble les actualités de la semaine. Voilà un bon moyen de valoriser vos résidents et leur savoir, de les garder actif pour prévenir le syndrome de glissement 📰

4) Cultiver des plantes dans son potager

Pour favoriser l’autonomie de vos résidents, vous pouvez leur faire cultiver leurs propres plantes, fruits ou légumes ! Demandez à la résidence Saint François de Sales à Lomme, les résidents sont fiers de leur dur labeur. Le jardinage permet de se détendre, d’être occupé mais aussi de partager cette passion autour d’eux, tout en valorisant leur travail 🧑‍🌾

Cultiver des plantes dans son potager

Sources :

  • “Le syndrome de glissement en EHPAD : une fatalité ?” Lire l’article.
  • “Qu’est ce que le syndrome de glissement chez les personnes âgées” : Lire l’article.
  • “Confinement des personnes âgées : attention au syndrome de glissement” : Lire l’article.
  • “Le syndrome de glissement“, La revue du praticien : Lire l’article.
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