La vallée dérangeante, sentiment de malaise envers les robots

Posté le 23/03/2018 Publié par Tags : , ,
Pourquoi a-ton peur des robots Vallée dérangeante

Avez-vous déjà entendu parler d’Erica ? Ce robot humanoïde, créé par Hiroshi Ishiguro, qui va présenter pour la première fois un journal télévisé japonais en avril ! Un évènement qui tend à se démocratiser ? Au Japon, les robots humanoïde font partie intégrante de la société. Ainsi, il n’est pas rare de voir apparaitre des poupées robots, des sosies humanoïdes ou encore des robots accompagnant les seniors dans leur quotidien. Pourtant, ce phénomène est beaucoup moins répandu en Occident. Cela est notamment dû à une culture différente, mais aussi au phénomène de « Vallée dérangeante », plus présent dans nos contrées.

 

 

La vallée dérangeante, un sentiment de malaise.

C’est dans les années 70 que la théorie de vallée dérangeante est apparue, issu du roboticien japonais Masahiro Mori. M.Mori est connu pour son travail sur la réponse émotionnelle des Hommes face aux entités non-humaines. C’est en 1970, dans la revue Energy qu’il publie son article intitulé « The Uncanny Valley » autrement dit « Vallée dérangeante ».

La vallée dérangeante définit le fait que, lorsqu’un robot est identifié comme tel, l’Homme aura tendance à remarquer ses aspects humains. De ce fait, cela l’amène à éprouver une certaine affection pour lui. Ce phénomène d’empathie se reflète également lorsqu’un animal adopte un comportement proche de l’humain, comme un singe mangeant une banane. Cependant, ce sentiment d’affection s’arrête lorsque le robot ressemble trop à un être humain. Lorsque son comportement apparait comme « non-humain », il provoque chez l’homme une sensation de malaise, d’étrangeté. Quand ce sentiment apparait, le robot humanoïde entre dans la vallée dérangeante et n’est plus appréhendé comme un robot. Il est alors considéré comme un Homme n’arrivant pas à avoir un comportement « normal ». Ce comportement normal passe à la fois par son apparence, c’est-à-dire un semblant de peau, des poils, des cils par exemple, mais aussi et surtout par ses gestes tels qu’un sourire ou un haussement de sourcil qui ne sont pas naturels.

Pourquoi a-t-on peur des robots Vallée dérangeante

Il est possible de sortir de cette situation d’étrangeté lorsque le robot réussi à ressembler complètement à une personne normale. Dans cette idée d’avancée de la robotique, le roboticien Hiroshi Ishiguro a développé son sosie humanoïde et un robot ressemblant trait pour trait à sa fille.

Un développement de plus en plus intense de robots humanoïdes.

Comment faciliter l'acceptation d'un robot - Vallée dérangeante

Reeplies Q2

Comme nous l’avions évoqué lors de notre précédent article sur les robots compagnons, l’apparition des robots ne date pas d’aujourd’hui. Déjà en 1738, les automates de Jacques Vaucansson avaient une forme humanoïde. Aujourd’hui, c’est le japonais Hiroshi Ishiguro qui s’illustre avec la création de robot appartenant à la famille des Geminoides. Les robots faisant partie de cette famille sont ceux étant les plus fidèles aux visages humains ainsi qu’à leurs expressions. I.Ishiguro a créé en 2002, une réplique robotique de sa fille, Repliee Q2, et se retrouve confronté pour la première fois à la vallée de l’étrange. En effet, il relate dans une interview que lorsqu’il a montré à sa fille son sosie robotique, « elle a eu peur et s’est mise à pleurer. Il faut dire qu’il était vraiment dans la “vallée de l’étrange”, il bougeait bizarrement ! »

Depuis, Ishiguro a continué à développer des robots de plus en plus « humain », que ce soit pour des films tels que « Sayōnara», pour la recherche avec le robot entièrement créé à son image nommé Geminoïde F, ou encore pour le divertissement avec le robot Erica comme nous l’avons évoqué en début d’article.

Malgré, la ressemblance de plus en plus accrue des robots par rapport aux humains, il est intéressant de noter que le phénomène de vallée dérangeante est encore très présent chez les amputés. Comme le révèle l’article du CNRS, de moins en moins d’amputés, notamment de la main, choisissent des prothèses en caoutchouc proche d’un aspect « peau », mais préfère s’orienter vers des mains plus robotiques.

 

 

Cutii, un design réfléchi pour une meilleure acceptabilité

Chez Cutii nous avons fait le choix d’un design ne ressemblant pas du tout à un être humain. Non humanoïde certes, mais très mignon comme le suppose son nom, car en tant que produit destiné à intégrer le domicile son design épuré lui permet de se fondre dans la décoration de chacun.

Ce choix est d’autant plus pertinent pour faciliter l’acceptabilité du robot Cutii auprès de ses utilisateurs et de notre culture.